Madagascar : île des contrastes

novembre 23, 2015 by Fortin J. - Pas de commentaire

Voici les premiers mots que j’ai notés dans mon carnet de terrain au début de notre périple sur la Nationale 2 : paysages vallonnés avec parcelles agricoles variées, bananiers, arbre du voyageur, forêt primaire.

Ces paysages qui longent la Nationale 2 nous ont accompagnés tout au long de notre déplacement à Madagascar.

Cette image est assez bien représentative des paysages des bords de route entre les différents villages. Elle révèle des parcelles agricoles bordées de quelques bananiers et des sommets dénudés par les brulis. L’agriculture sur brulis est une technique utilisée pour déboiser des zones forestières dans le but de faire des champs cultivables.

Agriculture_Bis

Sur le coup, l’une des parcelles nous a bien intriguées, nous avons appris par la suite que c’était des récoltes de patates douces qui sont, soit dit en passant, délicieuses.

PatateDouce

J’aime beaucoup cette photo, car on voit bien le découpage des rizières en plusieurs lots et leurs différents tons de couleurs du marron clair au vert tendre.
Elle révèle également les sommets dénudés et noircis par les brûlis. Sur celle-ci la montagne de gauche fume encore.

Riziere

CroquisRiziere

On trouve encore aujourd’hui à Madagascar une forêt primaire foisonnante et luxuriante en partie protégée dans différents parcs nationaux du pays.   Pour notre part, nous avons eu la chance de découvrir l’une d’entre elles au parc national d’Andasibe-Mantadia.

Paysages_Foret

Ces forêts tropicales sont magnifiques et habitées par une diversité d’espèces animales. En plus des lémuriens, espèces endémiques de l’île, nous avons observé, photographié et filmé d’autres représentants du règne animal.

Figé sur la branche d’un arbre, patte pointée vers l’avant, ce caméléon semble fossilisé sur place. Si on est patient et que l’on prend le temps d’observer cet animal, on s’aperçoit qu’il est bien vivant, car à un moment ou un autre, il cligne des yeux. Minuscule ou de taille moyenne (environ 50 cm de long) les caméléons sont intrigants de par leur comportement figé et leurs multiples couleurs, et ce de jour comme de nuit.

Camelon_2

Selon le guide de la réserve, près de la moitié des 150 espèces de caméléons répertoriées dans le monde, vivent à Madagascar. Il affirme également que contrairement à la croyance populaire, les changements de couleur des caméléons sont un mode de communication et non un mode de camouflage.

Cameleon_nuit_Bis

À un moment, pendant la visite, nous avons aperçu un cocon en terre qui nous a interpellés, mais qu’est-ce que c’est ?

Fourmilliere

Je ne sais pas si vous l’avez deviné, mais ce cocon est une fourmilière. Bon nombre de palissandres, (arbre dont le bois précieux, nobles utilisés dans la fabrication de meubles, parquets, sculptures…) étaient colonisés par ces dernières.

Notre route se poursuit dans la réserve privée de l’hôtel Vakôna Forest Lodge où nous avons pu observer et toucher des animaux qui pour nous européens sont exotiques : crocodile, boa et tortue géante.

Crocodile

Boa

Grenouille

Nous avons bien évidemment vu une diversité d’arbres, de fleurs et de palmiers dont l’arbre du voyageur.

Arbre_voyageur

Quoi dire sur ce symbole de l’île, beaucoup de choses. Vous avez peut-être deviné que l’arbre du voyageur est un palmier. Il faut savoir que le palmier est une plante et non un arbre. Cette plante cache de nombreux usages. Les tiges de son tronc permettent de récupérer et stocker l’eau de pluie. Elle est aussi l’une des matières premières dans la construction des maisons de la côte orientale (fabrication de mur et plancher avec le tronc et toiture avec les feuilles séchées). Le plus drôle et étonnant, on peut, en découpant et en pliant ses feuilles, fabriquer des bols et des cuillères. L’arbre du voyageur nous a accompagnés durant les 7 jours de notre aventure malgache et se retrouve sur le billet de 100 ariary, monnaie de Madagascar qui vaut 0.03 centime d’euros.

Billet100A

Ce partage succinct sur la faune et la flore se réfère uniquement à ce que nous avons pu voir en une journée dans deux réserves d’Andasibe situées entre la capitale et la ville portuaire de Tamatave. Nous avons vu des cocotiers, des anacardiers (arbre aux noix de cajou), des mangroves, une variété de plantes sensitives,  des baleines… espèces que vous retrouverez sur certaines images de nos chroniques sur l’île Sainte-Marie et l’île aux Nattes.

Julie
Andasibe : parc national
Dimanche 13 septembre 2015