Objectif : île Sainte-Marie !

novembre 23, 2015 by Desbrosse G. - Pas de commentaire

Ah Sainte-Marie ! Vous n’avez vous peut-être jamais entendu parler de cette île, mais quand vous êtes un peu curieux du monde des mammifères marins, Sainte-Marie arrive très vite dans la discussion. C’est en effet l’un des plus beaux spots au monde d’observation des baleines ! Et oui rien que ça !

Autant vous dire que lorsque nous avons commencé à préparer notre déplacement sur Madagascar, j’ai tout de suite coché Sainte Marie comme LA destination à ne pas manquer (après le Québec et Tadoussac c’était une belle opportunité de voir un autre lieu de passage des baleines mais pour d’autres raisons). Sainte Marie est aussi connue pour son histoire autour de la piraterie, les plus grands corsaires ont jeté l’ancre dans ses eaux turquoise et ont réalisé de grandes attaques au large de Sainte Marie.

Bon, c’est bien joli et attirant tout cela, mais ce que nous n’avions pas forcément vraiment saisi c’est qu’accéder à Sainte-Marie est loin d’être simple (sauf si votre porte-monnaie vous permet de prendre l’avion…nous non !).

Ce déplacement restera épique. Entre les temps de trajets, les annulations obscures, le bateau et ses risques…nous ne sommes pas prêts d’oublier notre périple !

  • « Votre bateau partira mardi matin pour Sainte-Marie sans faute » Je l’entends encore Éliane notre contact sur place nous assurer qu’il n’y avait aucun problème, oui, mais voilà quelques heures plus tard lors de notre arrivée à Tamatave :
  •  » Bon en fait le bateau ne part pas demain, il est en panne…et la météo est très mauvaise, mais j’ai un autre bateau qui part après demain…sans faute et la météo sera bien meilleure ! » Bien meilleure..on s’en souviendra aussi !

OK de toute façon nous n’avons pas le choix, nous prenons notre plaisir en patience et chamboulons complètement notre organisation et nos rendez-vous.

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Jour de départ, rendez-vous à 4h30 (oui oui) devant notre hôtel, un mini bus vient nous chercher et nous nous rendons à la gare routière de Tamatave récupérer d’autres clients. Le bus d’une vingtaine de places est archi bondé, confort très modeste, mais on n’est pas là pour se plaindre mais pour ouvrir grands nos yeux. Je suis estomaqué par l’activité de la ville à 4h30 du matin, tout le monde commence sa journée, les joggeurs rejoignent la plage, les touks touks sont déjà très nombreux, les étales ouvrent, la viande cuit déjà… la vie commence très tôt à Madagascar avec comme horloge l’heure du lever du soleil.

C’est parti pour 4h de route sur la RN5 vers l’embarcadère de Soanierana Ivongo. La route est magnifique, nous longeons la mer à vive allure, les passagers dorment par intermittence, la route est de plus en plus abimée, de nombreux nids de poule nous rappellent que nos fesses ne sont décidément pas habituées aux fauteuils malgaches.

À mi-distance, nous effectuons une pause dans un petit village très pittoresque. Nous sommes tous affamés et nous nous jetons sur un petit marchand de mets plutôt très appétissants. Samoussas, beignets à la viande et légume, pain sucré….on se régale et nous ne pensons pas une seconde avoir fait une énorme erreur stratégique avant de prendre le bateau.

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On repart, nous laissons Foulpointe à tribord et filons vers l’embarcadère.

L’arrivée au « port » est pour nous totalement surréaliste. Les lieux sont très délabrés, sales, et la pauvreté nous éclate au visage. Ce passage fut pour toute l’équipe le plus dur et le plus éprouvant émotionnellement parlant. Les enfants qui jouent dans les décharges, des cadavres d’animaux à proximité, des odeurs difficiles à supporter…un lieu triste, mais la vie s’organise tout de même sur ces terres.

L’embarcadère est situé sur le fleuve Maharibona à proximité de l’océan indien et est très utilisé par les locaux pour traverser le fleuve. De nombreuses pirogues effectuent le voyage. Quelques compagnies proposent quand à elle de rejoindre l’Ile de Sainte-Marie en 2h de traversée.

Avant d’embarquer, nous devons remplir les formalités administratives, polices et gendarmeries ! Franchement déjà que l’équipe est moyennement rassurée de cette traversée, on nous a tellement dit que c’était dangereux et que les bateaux étaient peu surs…alors là, il faut carrément aller dire à la police et la gendarmerie qui nous sommes et qui contacter en cas de problèmes ! Bref cela nous conditionne direct pour la suite.

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On embarque dans un petit bateau avec une cinquantaine de personnes…le bateau me rassure quand même, il semble assez récent et pas du tout rafistolé. Ce qui est plus inquiétant c’est que tout le monde doit mettre son gilet de sauvetage ! Des petits sauts sont positionnés au bout de chaque banc..pour écoper ??? La suite me montera que pas du tout.

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Dans le bateau nous retrouvons plus de locaux que de touristes. La saison touristique se termine et elle a été très mauvaise cette année avec la grande grève de air Mada. Ce sont des habitants de Sainte-Marie qui voyagent avec nous, des personnes âgées, des enfants, des familles mais aussi des poireaux, des bananes, des paniers, des matelas…le choix est large ! 😉

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On largue les amarres, nous sommes les nouveaux pirates de 2015, prêts à voguer vers de nouvelle terre tels William Kid ! A l’abordaaaaggggeeeee ! ouais ok bref….on est parti !

La traversée commence par le passage très délicat : l’embouchure entre le fleuve et l’océan indien. De nombreux courants et de grosses vagues tentent d’entrer dans l’embouchure. Le bateau s’approche doucement de cette embouchure et attend la bonne vague pour se lancer plein gaz vers le large…cela dure quelques secondes, mais on sent tout de suite le stress envahir le bateau et les matelots sont aux aguets. L’expérience de notre navigateur nous fait franchir cette embouchure sans problème. Je pensais que le plus dur était passé c’était sans compter sur la mer démontée qui nous attendait. Moi qui ne suis jamais malade en bateau, j’ai senti mon ventre me rappeler que cette traversée ne lui plaisait guère. Deux heures longues comme un trail de 70kms…ça bouge dans tous les sens et je comprends enfin le rôle des seaux posés le long des bancs….beaucoup de personnes sont malades et là il ne faut surtout pas regarder sous peine de se retrouver à utiliser le seau ! ouf nous voilà à quai….clairement, je m’en souviendrai et j’angoisse déjà pour le retour. 😉

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Nous mettrons bien la journée pour nous remettre de ce voyage long et éprouvant, mais la beauté de l’île et son environnement complètement atypique nous redonna très rapidement le sourire. Nous étions prêts pour de nouvelles aventures !

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Guillaume
De Tamatave à Sainte-Marie
Mercredi 16 septembre 2015